Dernière étape de notre voyage au Laos : nous arrivons à Luang Prabang. Cette ville est remplie de temples, de moines, de marchés, de touristes mais surtout de tours organisés à dos d’éléphants! Après avoir croisé des éléphants maltraités aux temples d’Angkor, une chose était sûre pour nous : on ne les approchera qu’à condition que ça ne soit pas mauvais pour eux.

Petite  piqûre de rappel : de nombreux éléphants sont malheureusement souvent maltraités tant par les locaux que par les touristes. Les éléphants ne sont pas supposés porter ou tirer des charges trop lourdes. Monter à dos d’éléphant à 3 et y ajouter un howdah (sorte de siège) pèse bien trop lourd pour ces animaux, surtout s’ils sont affamés, travaillent trop longtemps et sont privés de sommeil.

Après quelques recherches, nous avons atterri au Elephant Village Sanctuary & Resort et avons passé une journée hors du commun avec leurs éléphants. Vous vous posez surement de nombreuses questions: comment être sûr que les éléphants soient bien traités ? Combien ça coûte ? Qu’est ce qu’on y fait ? Comment trouver le centre ? 

Voici mes réponses

Le centre

Lorsque vous atterrissez à Luang Prabang, des tas de compagnies vous proposeront des tours. Au final, il est difficile de choisir et d’évaluer si les animaux sont correctement traités ou non. Les centres sont en dehors de la ville, il est donc impossible de voir l’endroit avant de choisir. Pour nous, c’est lors de notre trip en scooter sur la boucle des Bolavens, qu’un portugais nous a conseillé ce centre.

Quelques indices vous permettront d’évaluer si le centre que vous pensez sélectionner répond à vos attentes ou non:

  • Le prix: en général il est assez élevé. Nous avons payé 90$ pour le transport jusqu’au centre, le lunch, des boissons à volonté et l’activité. Ca peut sembler être un gros budget mais une grosse partie de cette somme permet au centre de se développer,  de payer le kiné, la nourriture des éléphants, les infrastructures, les employés…
  • Les recommandations: Elephant Village Sanctuary & Resort est recommandé par le New York Times et The Guardian (parmi d’autres). Difficile d’imaginer que de tels titres recommanderaient des centres craignos.

Une fois sur place, d’autres détails nous ont conforté dans le choix du centre:

  • Au centre, chaque Mahout (une sorte de guide) travaille avec et s’occupe de son éléphant. Il ne lui crie jamais dessus, il le conduit avec les mouvements de son corps ou en lui parlant. Le Mahout et l’éléphant ont une relation très spéciale, comme un cheval peut l’avoir avec son cavalier.
  • Un vétérinaire vient tous les matins vérifier si les éléphants se portent bien et sont aptes à travailler. Si ce n’est pas le cas, ils seront soignés. C’est d’ailleurs le seul centre du Laos à disposer d’un vétérinaire attitré.
  • Les éléphants ne travaillent pas plus de 4h par jour et ne sont montés que par deux personnes (le Mahout et le touriste) pendant un temps relativement court (30 min).

La journée type

Une petite camionnette vient nous chercher à notre hôtel et nous permet d’atteindre le centre 30 à 45 minutes plus tard). Les éléphants sont attachés près d’un bâtiment où ils sont nourris. Nous pouvons établir un premier contact avec les éléphants et leur donner quelques bananes. Ensuite, nous sommes divisés en petits groupes (6 personnes). La première activité nous apprend comment guider l’éléphant avec des mots simples. On apprend à remercier l’éléphant, lui dire de lever sa jambe, se coucher, avancer, s’arrêter. Quand ce premier contact est établi, il est temps de monter une première fois sur l’éléphant pendant quelques minutes afin de prendre ses marques. Pas question de monter avec une échelle. On demande à l’éléphant de lever sa patte afin de prendre appui sur celle-ci et en s’accrochant à son oreille, on se hisse en haut de la bête. Je vous assure que ce n’est pas de tout repos d’arriver là-haut.

Une fois sur l’éléphant, on se positionne sur son cou et il vaut mieux s’appuyer sur sa tête afin de ne pas tomber car ça bouge fort là-haut et on est facilement déséquilibré! Notre guide nous présente ensuite le musée du centre où il nous raconte l’arrivée de chaque éléphant dans le centre. La plupart d’entre eux ont été accueilli après avoir travaillé pour des locaux en étant souvent maltraités. Ils sont nombreux à arriver blessés au centre c’est pourquoi il ne faut pas s’étonner de voir des éléphants avec les oreilles déchirées ou les pieds abîmés. Le tour du centre se poursuit et le guide nous présente les éléphanteaux du centre. Le Mahout nous montre des tours et parce que les éléphanteaux sont joueurs, il est facile de les faire se rouler par terre ou se lever pour attraper leurs bambous.

La partie plus théorique derrière nous, place à la pratique : la balade à dos d’éléphant. Le Mahout se place derrière nous et nous aide à le guider. Souvent, les animaux connaissent le chemin et nous n’avons pas grand chose à faire. La balade se passe principalement dans la rivière. Une fois sur la terre ferme, les mahouts descendent pour pouvoir prendre une photo.

Il est ensuite temps de prendre un bon petit lunch à volonté avant de rejoindre les éléphants pour les laver dans la rivière. Bien qu’amusante, nous n’avons pas trouvé cette partie de la journée très authentique. Il s’agit plus une activité pour les touristes que d’un réel nettoyage des éléphants mais on y rigole tout de même bien.

Pour clôturer la journée, un petit bateau nous amène jusqu’aux cascades Tad Sae. Si le but d’une journée dans un centre pour éléphant n’est pas d’admirer ces cascades, c’est clairement un plus de pouvoir se baigner dans ces chutes d’eau qui sont d’un bleu turquoise.   

Si certaines activités manquent d’authenticité, monter à dos d’éléphant reste quelque chose d’unique. Notre guide a rendu cette activité encore plus intéressante. Inutile de le souligner : on était vraiment contents d’avoir vécu cette expérience.

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