Après 3 mois sur la route en Asie avec mon copain, nous étions plutôt contents. Aucun de nous deux n’était tombé malade, on ne s’était rien fait voler et on n’avait pas vécu de mauvaises histoires comme d’autres voyageurs avaient pu nous en raconter. Malheureusement pour nous, la chance a bien dû tourner à un moment.

C’est à Cebu City, aux Philippines, qu’en rentrant à l’hôtel, j’ai raté une bordure et manque de bol, je me suis tordu la cheville. Verdict : je ne sais plus prendre appui sur mon pied. On est à 500m de l’hôtel, il n’y a pas de taxi à l’horizon, on n’a pas de 3G et mon copain ne semble pas convaincu de me porter sur le dos jusqu’à la chambre. Heureusement pour nous, un scooter s’arrête près de nous et nous demande ce qu’il se passe. Il nous propose de nous ramener à l’hôtel. Nous embarquons donc à 3 sur sa moto.

On a ensuite dû réfléchir rapidement. Il m’était impossible de marcher, de poser le pied par terre ou de porter mon sac. Deux options s’offraient à nous: rentrer en Belgique ou continuer à voyager. Comme il nous paraissait impossible de mettre fin si brutalement à ce voyage de rêve, nous avons opté pour la deuxième option.

Après un bref coup de fil à mon médecin traitant en Belgique, nous avons commencé à adapter notre façon de voyager.

L’équipement

Il a d’abord fallu trouver des béquilles et une attelle, ce qui ne fut pas une mince affaire… Pendant que je restais à l’auberge, mon copain a dû parcourir toute la ville à la recherche des précieux. Quatre heures plus tard, le voici de retour sans attelle, mais avec des béquilles. Miracle ! Je peux maintenant me déplacer sans sautiller sur une jambe. L’attelle, ce n’est que 2 semaines plus tard qu’on la trouvera, à Kuala Lumpur, chez Sport Direct. En Asie, les attelles ne se vendent pas en pharmacie et encore moins à l’hôpital.

Les déplacements

J’avais la grande chance d’être en voyage avec mon copain ce qui m’a clairement sauvé la mise. Si j’avais été seule, j’aurais malheureusement dû rentrer en Belgique, car il m’aurait alors été impossible de me déplacer. On a décidé de continuer à voyager comme auparavant: dans les transports locaux (qui fonctionnent très bien aux Philippines). Mon copain a donc porté son gros sac sur son dos et mon gros sac sur son ventre pendant que je me chargeais de nos 2 petits. Comme il nous était impossible de marcher plus de 100m on a donc dû faire appel à beaucoup de tuktuk. L’avantage des béquilles, c’est que les locaux et autres voyageurs voient que vous êtes blessée et vous laissent généreusement une place dans les transports en commun. Pas de soucis donc pour trouver une place assise.

On a également décidé de louer un scooter pour les autres déplacements. Ca nous permettait quand même d’apprécier et découvrir le pays malgré ma blessure.

La bouffe

Dans les premiers jours de mon entorse, tout déplacement était assez fatigant. On a donc essayé de les réduire aux maximum. Mon copain est devenu le livreur de nourriture attitré. On spottait les restos sur google maps, puis une fois sur place il m’envoyait la photo du menu et je choisissais. Quelques minutes plus tard il revenait avec un bon repas.

Les activités

Vous en vous en doutez, c’est la partie qui fut la plus compromise. On a quand même essayé de faire un maximum de choses, mais tout ne fut pas possible. Au lieu de faire notre PADI et du canyoning, on a loué une planche et fait du paddle. On a aussi adapté un peu notre itinéraire pour diminuer les déplacements qui étaient très fatigants pour nous. Heureusement, une entorse, ça évolue rapidement, les premiers jours je prenais un bain de soleil pendant que mon copain batifolait avec les sardines de Moalboal. Un autre jour, on se déplaçait en scooter et on profitait d’un lunch sur la Lobok River et le lendemain je gravissais (lentement) les marches pour atteindre le point de vue des Chocolate Hills. Bref on a quand même pu découvrir le pays.

C’est certain que cette entorse n’aura pas été une partie de plaisir, et le début était même assez difficile. Cependant, on a pu adapter notre façon de voyager et profiter un peu (pas assez évidemment) de ce pays. Ce n’est pas grave, l’archipel des Philippines comprend plus 4.400 îles, on reviendra.

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