Ce collègue qui parle un peu trop fort, ce gsm qui s’allume toutes les deux minutes m’avertissant d’une nouvelle notification, ces emails qui s’accumulent…

À l’heure de la glorification du « hypra busy » et de l’exacerbation par la technologie du « non-stop joignable », il est temps de mettre le holà et prendre la mesure des choses.

« Shultz hour », ou l’heure Shultz, porte le nom de ce secrétaire d’Etat américain des années 80, qui dédiait une heure par semaine à une réflexion solitaire, enfermé dans son bureau avec pour seul équipement du papier et un stylo. Sa secrétaire avait pour instruction de ne le déranger sous aucun prétexte, sauf si ces deux prétextes étaient sa femme ou le Président.

Cette heure était le seul moyen pour lui de se consacrer à 100% à une réflexion stratégique profonde, car constamment amené à devoir résoudre instantanément des problèmes inopinés.

Cet arrêt sur image était l’occasion d’appréhender et de réfléchir aux questions plus larges, à la « big picture ».

Dans le monde du leadership dans lequel je travaille, je tombe souvent sur cette phrase: « Slow down to speed up ». C’est justement en lien avec cette « big picture », faire un pas en arrière, repenser l’ensemble. Un travail productif n’émerge pas d’un travail acharné.

L’heure Shultz peut sembler contre-productif, voire irréaliste. Mais même si cette heure là n’est pas consacré à une réflexion à propos de son travail, elle reste importante pour les autres domaines de la vie.
Notre cerveau a besoin de ces moments de divagation, où l’on rêvasse à tout et n’importe quoi. Des études ont montré qu’un esprit qui vagabonde est un cerveau souvent plus efficace et plus créatif. Rêvasser aide à résoudre des problèmes complexes, activant simultanément des ressources cérébrales en plus grand nombre.

Mais ces moments rêveries sont rendus difficile et plus court par toutes les technologies qui nous stimulent sans cesse.

Dans son article du NY Times, David Leonhardt traite le sujet et nous donne quelques conseils concrets pour déconnecter plus souvent, comme celui d’acheter un radio-réveil pour éviter de prendre son smartphone dans la chambre, et de définir des périodes de temps en famille où chaque téléphone est éteint.

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